
SIREHNA, la dronisation navale française
SIREHNA, filiale de Naval Group, innove avec ses drones de surface pour rendre les navires français autonomes et sûrs en 2026.
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SIREHNA : qui se cache derrière la dronisation navale française ?
SIREHNA (Société d’Ingénierie de Recherches et d’Études en Hydrodynamique Navale) est une filiale à 100 % de Naval Group, spécialisée depuis 1986 dans la maîtrise du comportement dynamique des plateformes navales. Basée à Nantes avec une antenne à Toulon, l’entreprise compte environ 150 collaborateurs et s’est imposée comme un acteur central de la dronisation maritime en France et en Europe.
Son cœur de métier se résume en une formule : rendre les bateaux autonomes ou téléopérés. Qu’il s’agisse d’un semi-rigide de 4 mètres, d’un drone de surface de combat ou d’un navire civil de 80 mètres, SIREHNA conçoit et installe les systèmes qui permettent à un bateau de naviguer sans équipage à bord, en toute sécurité.
Certifiée ISO 9001 depuis 2012, l’entreprise couvre cinq domaines clés : bureau d’expertise et d’ingénierie navale, développement de navires autonomes, expérimentations en conditions réelles, dynamique des plateformes (stabilisation, positionnement), et perception augmentée pour l’aide à la décision. Ses clients vont de la Marine nationale française aux marines alliées de l’OTAN, en passant par des acteurs civils de l’offshore, du yachting et de la croisière.
Qu’est-ce que la dronisation navale et pourquoi est-elle stratégique en 2026 ?
La dronisation navale consiste à équiper un navire — existant ou conçu à cet effet — de systèmes lui permettant d’opérer sans équipage à bord, soit en mode téléopéré (piloté à distance), soit en mode autonome (le navire prend ses propres décisions dans un cadre défini par l’opérateur humain).
En 2026, ce domaine est devenu un enjeu stratégique majeur pour plusieurs raisons. La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz démontrent la vulnérabilité des routes maritimes mondiales. Les drones navals de surface permettent d’assurer la surveillance, la reconnaissance et la protection des infrastructures sous-marines critiques sans exposer de marins. La Baltique, la mer Noire et le Golfe persique sont autant de théâtres où ces engins sont désormais déployés.
Naval Group a structuré cette ambition en créant début 2023 une Direction Drones, Systèmes autonomes et Armes sous-marines (DSA), qui travaille en étroite collaboration avec SIREHNA. L’objectif est clair : faire de la France et de l’Europe des leaders mondiaux de la robotique navale, face à la concurrence américaine, israélienne et chinoise.
Les produits clés de SIREHNA : du Seaquest-S au projet Euroguard
SIREHNA développe une gamme complète de solutions, des briques technologiques embarquées aux drones de surface complets. Voici les produits et projets majeurs de l’entreprise en 2026.
Seaquest-S : le drone de surface prêt au combat
Le Seaquest-S est un drone de surface (USV) de 9,3 mètres de long, 2,9 mètres de large, pour une masse inférieure à 6 tonnes. Développé par SIREHNA et construit par le chantier naval Couach à Gujan-Mestras (Gironde), cet engin en matériaux composites peut naviguer à plus de 30 nœuds et franchir environ 200 milles nautiques.
Conçu pour être embarqué dans la niche à embarcation d’une frégate, il remplace un semi-rigide classique et utilise les mêmes moyens de manutention (bossoir). En octobre 2024, il a réalisé ses premiers essais d’embarquement sur une frégate multi-missions (FREMM) de la Marine nationale.
Ses quatre espaces modulaires permettent d’intégrer différentes charges utiles selon la mission : capteurs ISR (surveillance, reconnaissance, renseignement), modules de lutte anti-sous-marine, lance-bouées acoustiques, ou même armement léger. Le système de mission Steeris, développé par Naval Group, assure le contrôle-commande depuis un conteneur projetable ou directement depuis le système de combat du bâtiment porteur.
En 2025, le Seaquest-S a été déployé opérationnellement en mer Baltique (Task Force X de l’OTAN, mission Baltic Sentry pour la protection des infrastructures sous-marines) et au Portugal (exercice REPMUS de l’OTAN pour l’expérimentation robotique). En janvier 2026, SIREHNA considère ce produit comme mature et prêt à la production en série.
| Caractéristique | Seaquest-S |
|---|---|
| Longueur | 9,3 mètres |
| Largeur | 2,9 mètres |
| Masse | Moins de 6 tonnes |
| Vitesse maximale | Plus de 30 nœuds |
| Autonomie | ~200 milles nautiques |
| Construction | Composite (Couach, Gujan-Mestras) |
| Système de mission | Steeris (Naval Group) |
| Missions | ISR, lutte ASM, protection de force, escorte |
| Statut (2026) | Mature, prêt à la production en série |
Gamme Seaquest élargie : du S au L
Au-delà du Seaquest-S, Naval Group et SIREHNA structurent une gamme complète de drones de surface. Le Seaquest-M (15 à 50 mètres) et le Seaquest-L (plus de 50 mètres) sont des systèmes autonomes de surface conçus pour des missions de longue endurance, en soutien d’une flotte ou en opérations indépendantes. Ces formats plus grands pourront embarquer des capacités de combat complètes.
Partenariat avec Sillinger : le semi-rigide dual piloté/dronisé
SIREHNA travaille avec le fabricant français Sillinger (basé à Mer, Loir-et-Cher) sur des semi-rigides à double usage. Le concept est simple : un même semi-rigide peut être utilisé de manière classique avec équipage, puis basculer en mode téléopéré d’un simple switch. Ce partenariat a déjà produit une première livraison en 2025 : une embarcation dronisée de 7,5 mètres destinée au remorquage de cibles pour la DGA.
L’intérêt opérationnel est considérable. Les bâtiments de guerre disposent d’un espace limité et ne peuvent pas toujours embarquer un drone en plus de leur drome habituelle. Avec un semi-rigide dual, aucun espace supplémentaire n’est nécessaire : le même engin remplit les deux fonctions.
Projet Euroguard : un drone européen pour 2027
SIREHNA participe au programme européen Euroguard, qui vise à développer un navire autonome de grande taille piloté par intelligence artificielle. Naval Group assure le développement de l’ensemble des capacités d’autonomie, tandis que SIREHNA développe spécifiquement la navigation autonome. Le prototype entamera ses essais en mer fin 2026, avec une démonstration finale prévue en mai 2027 en mer Baltique devant les ministères de la Défense européens.
Les briques technologiques clés de SIREHNA
Au-delà des drones complets, SIREHNA fournit des systèmes embarqués qui peuvent être installés sur n’importe quel type de navire, neuf ou existant. C’est cette capacité à « droniser » des plateformes existantes qui constitue l’un de ses avantages compétitifs majeurs.
Positionnement dynamique (DP0, DP1, DP2)
SIREHNA développe des systèmes de positionnement dynamique certifiés permettant à un navire de maintenir automatiquement sa position et son cap sans ancrage. Le système inclut un contrôle par joystick et un suivi de trajectoire (TCS). Ces équipements sont utilisés dans l’offshore, le yachting de luxe et les opérations militaires.
Perception de l’environnement : Theia
Theia est le système de perception multi-capteurs développé par SIREHNA. Il fusionne les données de radars, caméras, AIS, lidars et autres capteurs pour créer une image complète de l’environnement maritime autour du navire. Cette perception augmentée est la base de toute navigation autonome fiable.
Évitement d’obstacles : Brizo
Brizo est le module de prévention du risque de collision et d’évitement d’obstacles. Il analyse en temps réel les données de Theia et calcule les trajectoires d’évitement conformes aux règles internationales de navigation (COLREG). C’est le « cerveau de sécurité » qui garantit qu’un navire autonome ne percutera rien.
Kits de dronisation pour navires existants
SIREHNA a démontré sa capacité à installer des kits de dronisation sur des navires de tailles très variées : le catamaran Sterenn Du (17 mètres), le navire civil VN Rebel (80 mètres) en 2020, le Jif Surveyor (31 mètres) en 2023, et bien sûr des semi-rigides dès le début des années 2010 avec le Remorina (8 mètres). Cette expérience cumulée sur des plateformes de 4 à 80 mètres est unique en Europe. Pour les professionnels du nautisme intéressés par les innovations en matière d’autonomie et de motorisation, la plateforme d’annonces nautiques BoatCible suit de près les évolutions technologiques du secteur.
L’écosystème industriel français de la dronisation navale
SIREHNA ne travaille pas seule. L’entreprise s’inscrit dans un écosystème industriel souverain que Naval Group structure autour de la dronisation navale française, en mobilisant des PME et ETI du tissu industriel national.
Le chantier Couach (Gujan-Mestras, Gironde) construit les coques composites du Seaquest-S et apporte son expertise historique dans la production rapide et en série de petites unités militaires. Sillinger (Mer, Loir-et-Cher) fournit les plateformes semi-rigides transformées en engins dual piloté/dronisé. Naval Group Belgium développe le drone multi-environnement Cormorant, capable d’évoluer dans les airs et sous l’eau.
Le système de mission Steeris, développé par Naval Group, est la colonne vertébrale logicielle qui intègre le tout. Il existe en version projetable (dans un conteneur) ou embarquée (intégrée au système de direction de combat SETIS des bâtiments de surface). Steeris permet de contrôler simultanément plusieurs drones, de coordonner des opérations en meute et d’intégrer les données des drones dans la bulle tactique du commandant.
Défense, offshore, yachting : les secteurs d’application de SIREHNA
Si la défense constitue le moteur principal de l’activité de SIREHNA, l’entreprise couvre tous les secteurs maritimes grâce à la polyvalence de ses technologies.
Défense et marine militaire
C’est le segment dominant. Le Seaquest-S, la gamme élargie Seaquest-M/L, les kits de dronisation et le système Steeris s’adressent directement aux marines militaires. Les missions cibles incluent la surveillance maritime (ISR), la lutte anti-sous-marine, la guerre des mines, la protection de force et la sécurisation d’infrastructures sous-marines critiques (câbles, pipelines).
Offshore et travail maritime
Les systèmes de positionnement dynamique (DP0 à DP2) de SIREHNA équipent des navires de travail offshore. La stabilisation de plateforme et les autopilotes avancés sont utilisés sur des navires de support, des câbliers et des unités de recherche océanographique.
Yachting et croisière
Le positionnement dynamique par joystick, la stabilisation et les systèmes d’aide à la navigation intéressent aussi le secteur du yachting haut de gamme. La capacité à maintenir automatiquement la position d’un yacht sans ancrage est un atout de confort et de sécurité très recherché par les armateurs privés. Les professionnels du nautisme de plaisance peuvent suivre les opportunités de marché et les innovations sur les offres des salons nautiques de Cannes et Gênes où ces technologies sont régulièrement présentées.
Quels enjeux pour SIREHNA et la dronisation navale en 2026-2027 ?
L’avenir de SIREHNA se joue sur plusieurs fronts simultanés. Le conflit au Moyen-Orient et les tensions en mer Baltique ont accéléré la demande des marines pour des capacités de drones de surface. Le marché mondial est en pleine expansion et la concurrence s’intensifie.
Le premier enjeu est la montée en cadence industrielle. Le Seaquest-S est déclaré prêt à la production en série, mais passer du prototype à la livraison régulière de plusieurs unités par an exige une organisation logistique et industrielle que le partenariat avec Couach doit garantir.
Le deuxième enjeu concerne l’autonomie décisionnelle. Aujourd’hui, les drones SIREHNA opèrent principalement en mode téléopéré. L’intégration progressive d’intelligence artificielle permettra aux engins de prendre des décisions dans un cadre défini, sans intervention humaine constante. Le projet Euroguard est le banc d’essai de cette évolution.
Le troisième enjeu est l’export. Les marines alliées de l’OTAN sont des clients naturels, mais le marché s’étend à toute nation disposant d’un littoral à protéger. La modularité du Seaquest-S et son coût maîtrisé par rapport aux drones américains ou israéliens constituent un avantage compétitif que SIREHNA et Naval Group entendent exploiter.
Enfin, la convergence civil-militaire est un axe de développement prometteur. Les technologies de navigation autonome, de perception multi-capteurs et d’évitement d’obstacles développées pour la défense trouvent des applications directes dans le transport maritime autonome, la surveillance environnementale et l’inspection d’infrastructures offshore.
FAQ — SIREHNA et la dronisation navale : les questions essentielles
Qu’est-ce que SIREHNA ?
SIREHNA (Société d’Ingénierie de Recherches et d’Études en Hydrodynamique Navale) est une filiale à 100 % de Naval Group, fondée en 1986 et basée à Nantes. Spécialisée dans l’automatisation et la dronisation de plateformes navales, elle emploie environ 150 collaborateurs répartis entre Nantes (siège) et Toulon. Elle est certifiée ISO 9001 et membre du GICAN.
Qu’est-ce que le Seaquest-S ?
Le Seaquest-S est un drone de surface (USV) de 9,3 mètres développé par SIREHNA et construit par le chantier Couach. Pesant moins de 6 tonnes, il navigue à plus de 30 nœuds avec une autonomie d’environ 200 milles nautiques. Il est conçu pour être embarqué sur une frégate à la place d’un semi-rigide et effectuer des missions de surveillance, de lutte anti-sous-marine ou de protection de force.
Quelles missions peut remplir un drone de surface SIREHNA ?
Les drones SIREHNA couvrent un large spectre : surveillance et reconnaissance (ISR), lutte anti-sous-marine, guerre des mines, protection de force, escorte de bâtiments, surveillance d’infrastructures sous-marines critiques (câbles, pipelines) et remorquage de cibles pour l’entraînement. La modularité des plateformes permet d’adapter les charges utiles à chaque mission.
Quelle est la différence entre téléopéré et autonome ?
Un engin téléopéré est piloté à distance par un opérateur humain via un système de contrôle-commande. Un engin autonome prend ses propres décisions de navigation et de mission dans un cadre prédéfini par l’opérateur. SIREHNA développe les deux capacités, avec une montée progressive vers l’autonomie décisionnelle assistée par intelligence artificielle.
SIREHNA travaille-t-elle uniquement pour la défense ?
Non. L’entreprise couvre tous les secteurs maritimes : défense, offshore, navires de travail, yachting et croisière. Ses systèmes de positionnement dynamique, ses autopilotes et ses solutions de stabilisation sont utilisés par des armateurs civils. La dronisation de navires civils pour le transport maritime autonome est un axe de développement futur.
Qu’est-ce que le système Steeris ?
Steeris est le système de mission développé par Naval Group pour le contrôle et la mise en œuvre de drones. Il intègre le contrôle-commande fourni par SIREHNA et peut être déployé dans un conteneur projetable ou intégré au système de direction de combat (SETIS) d’un bâtiment de surface. Il permet de contrôler plusieurs drones simultanément et de coordonner des opérations en meute.
Qu’est-ce que le projet Euroguard ?
Euroguard est un programme européen visant à développer un navire autonome de grande taille piloté par intelligence artificielle. Naval Group assure le développement des capacités d’autonomie et SIREHNA développe la navigation autonome. Le prototype sera testé en mer fin 2026 avec une démonstration finale prévue en mai 2027 en mer Baltique.
Le Seaquest-S a-t-il été déployé opérationnellement ?
Oui. En juin 2025, il a participé à la Task Force X de l’OTAN en mer Baltique, embarqué sur le BSAM Rhône, pour des opérations de surveillance dans le cadre de la mission Baltic Sentry. En septembre 2025, il a été déployé au Portugal pour l’exercice REPMUS de l’OTAN, où il a démontré des capacités de lutte anti-sous-marine.
Quels sont les partenaires industriels de SIREHNA ?
Les principaux partenaires sont le chantier naval Couach (construction du Seaquest-S), Sillinger (semi-rigides dual piloté/dronisé), Naval Group Belgium (drone multi-environnement Cormorant) et bien sûr Naval Group comme maison-mère et systémier. Cet écosystème constitue une filière souveraine française de la dronisation navale.
La dronisation navale va-t-elle se développer dans le civil et la plaisance ?
C’est une tendance de fond. Les technologies de navigation autonome, d’évitement d’obstacles et de perception multi-capteurs développées pour la défense trouvent des applications dans le transport maritime autonome, la surveillance environnementale et l’inspection offshore. À terme, des systèmes d’aide à la navigation dérivés de ces technologies pourraient équiper des yachts et bateaux de plaisance haut de gamme.









