
Industrie nautique européenne 2025
Analyse 2025 du marché nautique européen : résultats financiers, tendances luxe et volume, et impact de la crise pétrolière sur 2026.
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Industrie nautique européenne : un marché à deux vitesses en 2025
L’industrie nautique européenne traverse une période de divergence inédite. D’un côté, les constructeurs de yachts de luxe italiens affichent des croissances solides. De l’autre, les chantiers de plaisance grand public — français et allemands en tête — encaissent des baisses à deux chiffres. Les données financières publiées entre fin 2025 et début 2026 dessinent un tableau contrasté que tout acheteur, investisseur ou professionnel du nautisme doit comprendre.
Cet article compile les résultats financiers publiés par les principaux acteurs européens de la construction nautique, complétés par le motoriste américain Brunswick (Mercury Marine). Les exercices comptables ne sont pas alignés : certains clôturent au 31 décembre, d’autres au 31 août. Chaque chiffre est présenté avec sa période de référence exacte pour éviter toute comparaison trompeuse.
Le luxe italien en croissance : Azimut, Ferretti, Sanlorenzo
Les trois grands chantiers italiens de yachts de luxe résistent au ralentissement mondial et affichent des résultats positifs. Leur point commun : un positionnement haut de gamme, des carnets de commandes pluriannuels et une clientèle moins sensible aux aléas conjoncturels.
Azimut|Benetti — Le géant privé en pleine accélération
Le groupe familial contrôlé par Paolo Vitelli annonce un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros sur l’exercice clos au 31 août 2025, en hausse de 15 % par rapport à l’exercice précédent. C’est la plus forte progression parmi les grands chantiers européens. Son carnet de commandes atteint 2,5 milliards d’euros et sécurise l’activité jusqu’en 2029.
Azimut|Benetti représente à lui seul près d’un quart du marché mondial des megayachts, avec 163 unités en construction totalisant environ 6 000 mètres linéaires. Le groupe investit 115 millions d’euros dans ses infrastructures italiennes et accélère au Moyen-Orient, où il revendique plus de 300 millions d’euros de ventes sur 24 mois en Arabie saoudite.
Période de référence : exercice sept 2024 – août 2025. Société privée, données issues de communiqués de presse.
Ferretti Group — Revenus records portés par l’ultra-luxe
Ferretti (Riva, Pershing, Custom Line, CRN, Wally) publie un chiffre d’affaires de 1,232 milliard d’euros pour l’exercice calendaire 2025, en hausse de 5 %. L’EBITDA ajusté progresse de 6,7 % à 203 millions d’euros, avec une marge de 16,5 %. La stratégie de montée en gamme vers des modèles plus grands et plus rentables porte ses fruits : les options représentent désormais plus de 25 % du prix final des bateaux.
Ferretti reste contrôlé à 75 % par le chinois Weichai, mais le groupe tchèque KKCG monte au capital (14,5 % fin 2025) et a lancé une offre pour atteindre 29,9 %.
Période de référence : année calendaire 2025 (janv-déc). Coté à Milan et Hong Kong.
Sanlorenzo — Croissance maîtrisée et carnet au-delà du milliard
Sanlorenzo (Bluegame, Nautor Swan) affiche un CA yachts neufs de 960,4 millions d’euros pour l’exercice calendaire 2025 (+3,2 %), un bénéfice net de 107,4 millions (+4,2 %) et des prises de commandes en forte hausse de 16 % à 943 millions d’euros. Le carnet dépasse le milliard d’euros. L’intégration de Nautor Swan, rentable dès sa première année de consolidation, renforce le positionnement du groupe dans la voile de luxe.
Sanlorenzo affirme que son exposition au Moyen-Orient reste limitée à environ 7 % du CA, et souligne un début 2026 encourageant après les salons de Düsseldorf et Miami.
Période de référence : année calendaire 2025 (janv-déc). Coté à Milan (BIT: SL).
The Italian Sea Group (TISG) — Le contrepoint italien
Tous les Italiens ne sont pas dans le vert. TISG (Admiral, Tecnomar, Perini Navi) publie un CA de 255,6 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2025, en baisse de 12,5 %. Le bénéfice net chute de 56 % à 16,6 millions, pénalisé par le recul de l’activité refit et l’absence d’un gain exceptionnel enregistré en 2024. Le carnet de commandes reste solide à 1,15 milliard.
Période de référence : janv-sept 2025 (9 mois). Résultat annuel 2025 non encore publié. Coté à Milan.
La plaisance française en net recul : Bénéteau, Fountaine Pajot, Catana
Les trois chantiers cotés français traversent une phase de correction sévère après les années post-Covid exceptionnelles. Le recul est plus marqué que chez les Italiens, car ces constructeurs sont davantage exposés au marché de la plaisance grand public et au réseau de distribution, deux segments sous pression en 2025.
Bénéteau — Le plus durement touché
Le leader mondial de la construction nautique de série publie un CA de 848,6 millions d’euros pour l’exercice calendaire 2025, en repli de 18 % en données publiées (–17 % à taux de change constants). Le premier semestre a été catastrophique (–27,5 %, résultat opérationnel négatif de –20,6 M€, perte nette de –24,8 M€). Le second semestre marque un redressement (–5 % TCC) porté par le renouvellement massif des gammes et la reprise des prises de commandes.
La division voile souffre le plus (–26,6 %), plombée par l’effondrement des commandes des loueurs professionnels (–38 %). La division moteur résiste mieux (–9,8 %). Bénéteau confirme un retour à la croissance pour 2026, porté par les lancements de nouveaux modèles.
Période de référence : année calendaire 2025 (janv-déc). Coté sur Euronext Paris (BEN).
Fountaine Pajot — Résistance relative sur les multicoques
Le spécialiste des catamarans (incluant Dufour pour les monocoques) affiche un CA de 323,2 millions d’euros sur l’exercice clos au 31 août 2025, en baisse de 8,2 % (–10,3 % à périmètre constant). La baisse est contenue par rapport à Bénéteau, grâce au segment multicoque qui reste porteur. Le groupe revendique une croissance cumulée de 47 % sur les trois derniers exercices et préserve sa rentabilité.
Fountaine Pajot investit 25 millions d’euros dans le renouvellement de ses gammes pour son 50e anniversaire, avec 7 nouveaux modèles lancés et l’objectif de renouveler 70 % de la gamme d’ici fin 2025/26.
Période de référence : exercice sept 2024 – août 2025. Coté sur Euronext Growth (ALFPC).
Catana Group (Bali Catamarans) — Chute après deux années record
Après un exercice 2023/24 record (229 M€ de CA, +10 %, marge opérationnelle historique de 16,3 %), Catana subit un retournement brutal. Le S1 2024/25 affiche un CA de 81,2 millions d’euros (–23 %). Les neuf premiers mois atteignent 128 millions. Le T1 2025/26 (sept-nov 2025) est impacté par un élément technique exceptionnel de 17 M€ qui masque un recul des ventes de bateaux neufs de 14 %.
Catana reconnaît une visibilité limitée liée aux incertitudes géopolitiques et aux droits de douane. Le plan stratégique 2030, doté de 130 millions d’euros, prévoit 14 nouveaux modèles et une nouvelle usine. Le succès du Bali 5.8 est un signal positif pour la montée en gamme.
Périodes de référence : exercice 2023/24 (sept 2023 – août 2024), S1 et 9 mois 2024/25, T1 2025/26. Coté sur Euronext Growth (CATG).
Allemagne et Pologne : restructuration et résilience
HanseYachts (Hanse, Dehler, Moody, Fjord, Sealine, Ryck) — Restructuration en cours
Le chantier de Greifswald traverse une mutation profonde. Racheté par l’entrepreneur familial Andreas Müller en 2025 (sortie du fonds Aurelius), HanseYachts a subi environ 200 suppressions d’emplois en été 2025 avant de repartir à plein régime à l’automne.
Les chiffres reflètent cette transition : CA de 77,37 millions d’euros au S1 2025 (–14,7 %), mais EBITDA opérationnel en forte amélioration (6,15 M€ vs 3,95 M€) et retour au résultat positif. Sur les neuf premiers mois, le CA atteint 105 millions. La reprise de la demande fin 2025, portée par les nouveautés (Fjord 490, Hanse 590), oblige le chantier à renforcer ses équipes le samedi.
Période de référence : S1 et 9 mois 2025 (janv-sept). Société privée depuis son retrait de la bourse de Francfort.
Sunreef Yachts (Pologne) — L’outsider qui vise le milliard
Le chantier de Gdańsk, fondé par le Français Francis Lapp, affiche une croissance de 10 % de son CA en 2025 par rapport à 2024, avec un bénéfice net de 40 millions d’euros. Le montant absolu du chiffre d’affaires n’est pas communiqué (société privée), mais Sunreef se positionne au 6e rang mondial sur le segment des yachts de plus de 24 mètres.
Le plan « Beyond 2030 » vise 1 milliard d’euros de CA annuel d’ici la fin de la décennie, un objectif ambitieux porté par l’expansion de la gamme Eco (catamarans à propulsion hybride/électrique), l’ouverture d’un troisième chantier aux Émirats arabes unis et la montée en puissance des superyachts.
Période de référence : année 2025 (calendaire). Société privée, données issues de communiqués.
Galeon Yachts (Pologne) — Le discret champion
Galeon ne publie aucun résultat financier (société familiale privée). Mais les indicateurs d’activité sont éloquents : 1 500 employés, plus de 200 yachts produits par an, 34 000 m² de production répartis sur deux usines (Wiślina et Straszyn). La gamme couvre les 9 à 25 mètres en quatre catégories (sports cruisers, hardtop coupés, flybridge, skydeck). Le Galeon 620 Fly a remporté le World Yachts Trophies 2025.
Aucun chiffre financier officiel disponible. Société privée depuis 1982.
Brunswick Corporation (Mercury Marine) — Le motoriste en redressement
Le groupe américain, maison mère de Mercury Marine (premier motoriste mondial hors-bord), publie un CA de 5,36 milliards de dollars pour l’exercice calendaire 2025, en hausse de 2,4 % après un exercice 2024 en chute de 18 %. Le Q4 2025 est particulièrement dynamique (+15,5 %), tiré par la division propulsion (Mercury) qui gagne des parts de marché aux USA, au Canada et en Europe.
Le résultat opérationnel GAAP reste négatif (–40,7 M$), pénalisé par des charges de restructuration massives dans la division Navico (électronique embarquée : Simrad, B&G, Lowrance). En ajusté, le résultat opérationnel atteint 371 millions de dollars. Mercury a présenté au CES 2026 son concept de moteur hors-bord « 808 » et renouvelle ses accords exclusifs de 5 ans avec Axopar et Saxdor.
Période de référence : année calendaire 2025 (janv-déc). Coté sur le NYSE (BC).
Les cinq grandes tendances qui se dégagent
Au-delà des chiffres individuels, cinq tendances structurelles ressortent de cette revue financière du secteur nautique européen.
1. Le luxe résiste, le volume souffre
C’est la tendance la plus nette. Les chantiers positionnés sur le haut de gamme et le sur-mesure (Azimut, Ferretti, Sanlorenzo, Sunreef) affichent des croissances de 3 à 15 %. Ceux qui dépendent du volume et de la plaisance accessible (Bénéteau, Catana, HanseYachts) subissent des baisses de 14 à 27 %. Le segment premium est protégé par des carnets de commandes pluriannuels et une clientèle dont le pouvoir d’achat est moins sensible à l’inflation et au prix du carburant.
2. La correction post-Covid touche à sa fin
Bénéteau, Catana et HanseYachts partagent un même récit : après deux à trois années exceptionnelles dopées par la demande post-Covid, le marché revient à la normale. Le surstockage dans les réseaux de distribution, en particulier aux États-Unis, a amplifié la chute. Mais les signaux de stabilisation apparaissent en S2 2025 : les stocks se normalisent, les prises de commandes repartent et les constructeurs tablent sur un retour à la croissance en 2026.
3. Les multicoques continuent de surperformer
Fountaine Pajot (–8,2 %) résiste mieux que Bénéteau (–18 %) grâce à son positionnement multicoque. Le succès du Bali 5.8 chez Catana, la création d’un village powercat par la FIN, et les investissements de Fountaine Pajot dans 7 nouveaux modèles confirment que le catamaran reste le segment le plus porteur de la plaisance européenne, tant en propriété qu’en location.
4. La crise pétrolière de mars 2026 rebat les cartes
Aucun des résultats publiés ci-dessus n’intègre l’impact de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février 2026. Cette crise — baril au-delà de 118 $, gazole marin doublé, détroit d’Ormuz bloqué — constitue un choc exogène majeur qui va peser sur les résultats du premier semestre 2026. Les constructeurs de bateaux à moteur sont les plus exposés, car la flambée du carburant freine les décisions d’achat. Les chantiers de voiliers et de multicoques pourraient paradoxalement en bénéficier.
5. La montée en puissance des chantiers polonais
La Pologne s’impose comme un pôle de construction navale de premier plan en Europe. Sunreef vise le milliard d’euros, Galeon produit plus de 200 yachts par an, et de nombreux chantiers occidentaux (dont Bénéteau, Brunswick et HanseYachts) font fabriquer en Pologne. Le pays combine main-d’œuvre qualifiée, coûts compétitifs et infrastructures modernes. Pour comparer les modèles européens disponibles sur le marché français, la plateforme d’annonces nautiques BoatCible recense les offres de ces constructeurs à prix négociés.
Tableau de synthèse : résultats financiers des constructeurs nautiques européens
| Groupe | Pays | CA (période) | Évolution | Segment |
|---|---|---|---|---|
| Azimut|Benetti | Italie | 1,5 Md€ (sept 24 – août 25) | +15 % | Yachts / Megayachts |
| Ferretti Group | Italie | 1,232 Md€ (année 2025) | +5 % | Yachts luxe |
| Sanlorenzo | Italie | 960,4 M€ (année 2025) | +3,2 % | Yachts semi-custom |
| Bénéteau | France | 848,6 M€ (année 2025) | –18 % | Plaisance série voile + moteur |
| Brunswick / Mercury | USA | 5,36 Md$ (année 2025) | +2,4 % | Moteurs + bateaux |
| Fountaine Pajot | France | 323,2 M€ (sept 24 – août 25) | –8,2 % | Multicoques + monocoques |
| TISG | Italie | 255,6 M€ (9 mois 2025) | –12,5 % | Superyachts / refit |
| Catana Group | France | 128 M€ (9 mois 2024/25) | –23 % au S1 | Catamarans (Bali) |
| HanseYachts | Allemagne | 105 M€ (9 mois 2025) | –14,7 % S1, reprise S2 | Voiliers + moteurs série |
| Sunreef Yachts | Pologne | CA non publié (année 2025) | +10 % | Catamarans luxe |
| Galeon Yachts | Pologne | Non publié | N/A | Yachts moteur 9-25 m |
Note de lecture : Les exercices comptables ne sont pas alignés. Azimut|Benetti et Fountaine Pajot clôturent au 31 août, Catana également. Bénéteau, Ferretti, Sanlorenzo et Brunswick clôturent au 31 décembre. Les données TISG, Catana et HanseYachts sont partielles (9 mois). Sunreef et Galeon sont des sociétés privées dont les chiffres absolus ne sont pas vérifiables. Toute comparaison directe doit tenir compte de ces décalages.
Ce qui attend le secteur en 2026
Le premier trimestre 2026 s’annonce sous haute tension. La crise du détroit d’Ormuz (depuis le 28 février 2026) ajoute quatre facteurs de risque simultanés pour l’industrie nautique : la flambée du carburant marin qui freine les acheteurs de bateaux à moteur, les surcharges de transport maritime (1 500 à 4 000 $/conteneur) qui renchérissent les moteurs et composants importés, la hausse du prix des matières premières dérivées du pétrole (résine polyester, fibres de verre), et un climat d’incertitude généralisé qui alimente l’attentisme des clients.
À cela s’ajoute la réforme de la TAEMUP (taxe plaisance) prévue pour janvier 2027, dénoncée comme « injuste et pénalisante » par la FIN et la CNP, et les droits de douane américains qui pèsent spécifiquement sur les exportateurs européens vers les USA (premier marché mondial).
Les constructeurs qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui combinent trois atouts : un positionnement haut de gamme protégeant les marges, un carnet de commandes pluriannuel réduisant la dépendance au cycle court, et une capacité d’innovation sur les motorisations alternatives (hybride, électrique) et les nouveaux usages (location, copropriété). Les opportunités d’achat en déstockage se multiplient sur les segments volume. Les promotions des salons nautiques de Cannes et Gênes offrent des conditions tarifaires exceptionnelles sur les modèles neufs en stock.
FAQ — Industrie nautique européenne 2025 : les questions essentielles
Quel est le plus grand constructeur nautique européen ?
En chiffre d’affaires, Azimut|Benetti (1,5 Md€) et Ferretti (1,232 Md€) dominent sur le segment luxe. Bénéteau (848,6 M€) reste le leader mondial de la plaisance de série par le volume d’unités produites. En ajoutant Brunswick (motoriste + bateaux, 5,36 Md$), le paysage mondial est dominé par les Américains sur le plan financier.
Pourquoi les chantiers italiens croissent quand les Français reculent ?
Les Italiens sont positionnés sur le luxe et le sur-mesure, avec des carnets de commandes pluriannuels et une clientèle aisée. Les Français sont davantage exposés à la plaisance grand public, au réseau de distribution et aux loueurs professionnels — trois segments sous pression en 2025. La correction post-Covid touche plus durement le volume que le premium.
Le marché nautique va-t-il se redresser en 2026 ?
Bénéteau et Brunswick tablent sur un retour à la croissance en 2026, porté par la normalisation des stocks et le lancement de nouveaux modèles. Mais la crise pétrolière de mars 2026 introduit une incertitude majeure qui pourrait retarder ce redressement, surtout pour le segment moteur.
Sunreef et Galeon sont-ils des concurrents sérieux pour les chantiers français et italiens ?
Oui. Sunreef se positionne comme un concurrent direct de Fountaine Pajot et Lagoon sur les catamarans de luxe, avec une ambition de 1 Md€ de CA d’ici 2030. Galeon rivalise avec les gammes moteur de Prestige (Bénéteau) et Cranchi sur le segment 10-20 mètres. La Pologne combine compétitivité industrielle et montée en gamme qualitative.
La guerre au Moyen-Orient impacte-t-elle les chantiers navals ?
Oui, de trois manières. D’abord via le carburant qui freine les acheteurs de bateaux à moteur. Ensuite via les surcharges de transport maritime qui renchérissent les composants importés. Enfin via les matières premières (résine, fibres de verre) dont les prix montent avec le pétrole. Sanlorenzo note que son exposition directe au Moyen-Orient est limitée à 7 % du CA.
Pourquoi les loueurs professionnels pèsent-ils autant sur Bénéteau ?
Les loueurs (Dream Yacht Charter, Sunsail, Moorings) sont parmi les plus gros clients de Bénéteau en voiliers et catamarans neufs. En 2025, les commandes des loueurs ont chuté de 38 %, ce qui explique une large part de la baisse de la division voile (–26,6 %). Le modèle économique de la location est sous pression avec la hausse des coûts d’exploitation.
Quelles sociétés nautiques sont cotées en bourse ?
Les principales : Bénéteau (Euronext Paris), Fountaine Pajot (Euronext Growth), Catana Group (Euronext Growth), Ferretti (Milan + Hong Kong), Sanlorenzo (Milan), The Italian Sea Group (Milan), Brunswick Corporation (NYSE). Azimut|Benetti, Sunreef, Galeon, Axopar et Saxdor sont des sociétés privées qui ne publient pas de comptes détaillés.
Faut-il investir dans le secteur nautique en bourse en 2026 ?
Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement. Le secteur est en phase de transition avec des valorisations attractives pour les constructeurs de série (Bénéteau, Catana) en cas de reprise. Le segment luxe (Ferretti, Sanlorenzo) offre plus de visibilité grâce aux carnets de commandes. La crise pétrolière ajoute un risque significatif à court terme. Toute décision d’investissement nécessite une analyse approfondie et l’avis d’un professionnel.
Le marché de l’occasion va-t-il profiter de cette crise ?
Oui. Quand les coûts d’exploitation explosent (carburant, TAEMUP, assurance), une partie des propriétaires de bateaux à moteur mettent en vente. Cela augmente l’offre sur le marché de l’occasion et crée des opportunités pour les acheteurs. Le phénomène avait déjà été observé en 2022 après l’invasion de l’Ukraine.
Les bateaux électriques représentent-ils une menace pour les constructeurs traditionnels ?
Pas encore en volume, mais en tendance. Les ventes de bateaux électriques progressent de 28 % en 2026 et le projet Sea Expandary (Richard Liu, JD.com) avec 700 M$ d’investissement vise des yachts électriques à partir de 13 000 €. Les constructeurs européens répondent avec des gammes hybrides (Greenline, Fountaine Pajot) et électriques (Axopar AX/E, Frauscher-Porsche). La crise du pétrole accélère cette transition.









